3. La micronutrition
3.1 Historique
Des signes précurseurs
Il y a plus de 4700 ans, les chinois soignaient le goitre avec des algues venues de la mer de Sargasses. La relation entre goitre et carence en iode sera définie plus tard. On se souvient également des récits des équipages décimés par le scorbut et des conseils du Docteur écossais James Lind en 1747. Il démontre que la consommation d’agrumes frais, oranges et citrons, permet de prévenir l’apparition de cette maladie. La vitamine C ne dit pas encore son nom.
En 1886, Christian Ezijkman, bactériologiste hollandais, futur prix Nobel, découvre que quelque chose présent dans les cuticules du riz complet préservent les poulets du béri-béri. Ce quelque chose , c’est la vitamine B1, identifiée bien plus tard.
Au début du XXe siècle, les propriétés sédatives du magnésium sur l’excitabilité cellulaire sont mises à profit par les américains Loeb et Meltzer dans le traitement de la tétanie. En 1937, Hansen révèle l’effet bénéfique de certaines huiles sur l’eczéma des enfants.
En Suisse, le Dr Catherine Kousmine étudie l’effet bénéfique des acides gras essentiels dans le traitement de la sclérose en plaques. Elle sera un catalyseur dans la pratique de la nutrithérapie dans l’univers familial, favorisant l’utilisation quotidienne de certaines huiles et de graines broyées.
C’est en 1968, aux Etats-Unis,que le professeur Linus Pauling,double prix Nobel ,suite à de nombreux travaux réalisés sur les vitamines et les minéraux crée et définit la notion de médecine orthomoléculaire. Il a fait mondialement connaître l’intérêt de la vitamine C.
En France dés les années 80 le Docteur Jean Seignalet constate que l’alimentation moderne est fort éloignée de l’alimentation préhistorique.
II émet l’hypothèse de l’inadaptation digestive aux aliments issus de l’industrialisation alimentaire et met en évidence l’augmentation de la perméabilité intestinale et la relation étroite avec certaines maladies auto immunes, chez les personnes qui ont une prédisposition génétique.
Aujourd’hui les relations entre l’alimentation et notre patrimoine génétique commencent à être mieux connues.
La nutrigénétique étudie les capacités « génétiques » à digérer, assimiler et métaboliser les aliments.

La nutrigénomique étudie l’influence des nutriments sur la modulation de l’expression génétique : Cela veut dire tout simplement, comme l’exprime si bien le Dr Chos (Président de l’ IEDM ) « qu’en fonction de ce que vous mangez, votre patrimoine génétique ne donne pas les mêmes ordres ».